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J'ai créé ce blog dans le but de pouvoir donner mon point de vue et débattre sans aucune censure (dans les limites de la charte de ce blog - insultes, racismes...) sur l'actualité, sur des thèmes généraux, sur des articles...
Tout le monde est le bienvenu quelles que soient ses idées et orientations politiques.
La seule et unique règle est de débattre. J'attends donc vos remarques et idées! ^_^
Et oui, après un candidat à la présidentielle qui devait passer quelques mois en prison lors de sa campagne (qui a finalement écoper une simple amende...), un maire à lui été candidat directement depuis sa prison !
Et surprise, il les a gagnés !!!
La scène se déroule en Polynésie Française, sur l’île de Tahiti, dans la commune de Mahina.
Emile Vernaudon a été élu avec 150 voix d’avance (2150 voix et 32,50% des suffrages exprimés) sur son concurrent.
Or, ce maire sortant (maire depuis 1977) était placé en détention provisoire depuis le 4 décembre 2007 dans le cadre d'une enquête sur la gestion de l'OPT (Office des postes et télécommunications) lors de la période 2005-2006. Il est mis en examen pour détournement de fonds publics et d'abus de biens sociaux pour un montant de 114 millions de francs Pacifique (environ 958.000 euros), prise illégale d'intérêts, faux et usages de faux et vol...
Malgré cela, préemption d’innocence aidant, il a légalement le droit de se présenter depuis sa cellule...
C’est de là qu’il a du gérer sa campagne électorale... Il n’a donc jamais pu participer à la campagne directement pour ces élections municipales !
En cas de condamnation et "d'incapacité électorale", c’est le haut-commissaire qui prononcera la démission de ce maire prisonnier...
En Guyane, à Roura, le maire sortant, Claude Polony, était incarcéré depuis fin janvier pour une affaire de prise illégale d'intérêt et de favoritisme...
Il a toutefois préféré se retirer pour le second tour de scrutin.
Commençons par quelques définitions.
Les élections cantonales permettent d’élire les conseillers généraux (niveau départemental). Un conseiller général est élu pour 6 ans... Le conseil général est cependant renouvelé par moitié tous les 3 ans lors des municipales et régionales.
Le conseil général se réunit au moins une fois par trimestre. Ils votent la création des services publics départementaux (subventions aux communes pour restaurer un bâtiment, financer des travaux de voirie ou aménager un rond-point), la gestion des biens des départements et son budget.
Chaque département décide de ses orientations concernant l’environnement, l’éducation, les collèges, les transports régionaux, les aides sociales (paiement du RMI, aides aux handicapés et aux personnes âgées)…
En 2007, le budget des départements (conseils généraux) s'élevait à 63 milliards d'euros. Pour les régions, le budget était de 25 milliards d'euros...
Ces résultats sont plus significatifs que ceux des municipales, car il s’agit d’enjeux plus nationaux. Si on regarde en détail, la droite a subi de plein fouet l’abstention d’une partie de son électorat. Ce qui montre non pas une sanction mais une impatience de l’électorat de droite...
Le taux de participation aux cantonales s'est élevé à 55,29 %. En 2001, il avait été de 56,13%.
Coté résultat, la gauche obtient 51,28%, la droite 44,52%, le MoDem 2,96%, l'extrême-droite 0,17% et l'extrême-gauche 0,12%.
Depuis 2004, la gauche dirigeait 20 régions sur 22 et présidait 51 départements contre 49 pour la droite... Un score élevé qu’elle a réussi a augmenté !
La gauche a renforcé sa présence et gagné 8 conseils généraux :
- l’ Ain (présidé par Rachel Mazuir, élu avec 23 voix contre 20 pour le président sortant UMP Charles de la Verpillière)
- la Corrèze (présidé par François Hollande, élu par 19 voix contre 18 au président sortant UMP Jean-Pierre Dupont)
- les Deux-Sèvres (présidé par Eric Gautier)
- le Lot-et-Garonne (présidé par Pierre Camani (PS), seul candidat en lice par 25 voix pour et 15 bulletins blancs.)
- la Somme (présidé par Christian Manable)
- l'Indre-et-Loire (présidé par Claude Roiron (22 voix contre 15 bulletins blancs), une femme. :))
- le Val d'Oise (présidé par Didier Arnal)
- l'Allier (Présidé le communiste Jean-Paul Dufregne, élu avec 18 voix contre 17 au président sortant DVD Gérard Dériot)
La gauche dirige désormais 59 départements sur 102 !
Le PS a également ravi Seine-Saint-Denis (Claude Bartolone le présidera. Il a été élu par 30 voix contre 10. Le PCF aura 5 vice-présidents. Le PS en aura 7.), dirigé jusqu'à lors par le PC.
Le PC a lui gagné un autre département, l'Allier. Elle conserve ainsi la présidence de 2 départements (le Val-de-Marne et l’Allier)...
A droite, l’objectif était ambitieux... Les résultats de ces élections moins. Elle a seulement réussi à ravir :
- la Seine-et-Marne
- les Hautes-Alpes (présidé par Jean-Yves Dusserre, élu avec 16 voix contre 13 à Rémi Costorier, un élu indépendant soutenu par la gauche)
Notons que la droite a conservé le Jura, où elle n’est plus
majoritaire d’une voix, au bénéfice de l'âge par Jean Raquin, divers-droite, 72 ans...
Elle a également conservé le Côte-d'Or grâce au soutien du nouvel élu MoDem du canton de Laignes.
Idem pour les Pyrénées-Atlantiques.
En conclusion, la gauche dirige, pour la première fois, à la fois une majorité de villes, de départements et de régions...
Cette présence lui assure une majorité au sénat à moyen terme (il n’est pas sûr que les élections de septembre, qui voit le renouvellement du tiers de la Chambre haute, soit suffisante – En 2011, la moitié sera renouvelé...).
Il faut savoir qu’actuellement, et depuis 2004, l'UMP n'a plus la majorité absolue au Sénat (159 sièges sur 331). Elle l’obtient via ses alliances avec les centristes et radicaux...
Si elle arrivait à obtenir la majorité au Sénat, ce sera la première fois sous la Ve République...
François Bayrou a perdu ses élections à Pau.
Il obtient 38,81%
des voix (32,1% au premier tour) contre 39,76% (33,87%) pour la liste de la socialiste Martine Lignières-Cassou et 21,42% (27,80%) pour le maire sortant soutenu par l'UMP, Yves Urieta.
Il a perdu pour 342 voix (1% des suffrages).
Pourquoi a-t-il perdu ?
D’après lui, « Ceci est le résultat d'une manœuvre dont on connaît l'inspiration et le détail, qui a fait que si 300 voix nous manquent, il y a 7 300 voix qui ont été détournées par le maintien de M. Urieta, le maire actuel. »...
Après de telles déclarations on peut s’étonner !!!
Bayrou était-il lié avec l’UMP ? Y’avait-il un accord ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas avoir associé ses candidats minoritaire aux candidats UMP ?
De plus, avec 27,80% des voix au premier tour, Yves Urieta avait la possibilité de concurrencer ses deux opposants. Pourquoi s’en serait-il privé s’il n’y avait aucune contrepartie à son abandon ?
Alain Juppé avait, certes, soutenu sa candidature... Est-ce pour cela qu’il considère la droite responsable ?
Pourquoi accuser la droite de sa défaite et pas la gauche (où le Modem a fusionné à Marseille, Lille, Melun, Asnières, Chartres, Poissy - pas à Paris où ils se sont fait jeté par Delanoë... Ils ont fusionné avec le PS à Dijon dès le premier tour... Ils ont même fusionné avec le PCF à Aubagne (Bouches-du-Rhône)) ?
S’il n’y avait pas d’accord, la gauche est autant responsable de son échec !!!
Bayrou nous révèle sa véritable identité dans cet échec... Sa faiblesse et sa force sont sa stratégie.
Il veut l’indépendance et ne soutenir et être soutenu par personne...
Par contre, dès qu’il perd, il accuse la droite de ne pas s’être retirée en sa faveur !!!
Veut-il être soutenu par la droite et donc avoir un parti proche du Nouveau Centre ? Etre soutenu par la gauche ? Ou être indépendant ?
Sa politique, présenté lors des présidentielles consistant à avoir une force de l’opposition nouvelle proposant une alternative à l’opposition systématique du PS, avait séduit les français. Lors de ses municipales, après 6 mois d’existence, le Modem a révélé des comportements trop proche de la gauche et de l’opposition systématique pour se distinguer et continuer à séduire.
L’idée de fusion suivant chaque ville permettait d’accentuer cette idée d’indépendance... Sauf que cela s’est résumé a choisir la liste qui avait le plus de chance de l’emporter...
De plus, les personnalités Modem présentes sur les plateaux télé se sont plus facilement placées contre la majorité...
Ce yoyo politique floute finalement trop le message, et les électeurs ont ainsi sanctionné le Modem...
Prenons un des candidats Modem.
Gilles Artigues à Saint-Etienne à obtenu 12,6% des voix au second tour (20,23% au premier). Le socialiste Maurice Vincent en a obtenu 46,42% et le maire sortant UMP Michel Thiollière 41,15%.
Pourquoi ne s’est il pas associé au socialiste puisque selon ses mots, il était « sur la même ligne que Maurice Vincent (PS) à savoir le renouveau de Saint-Etienne. » (Src : 20 minutes) ?
Parce qu’il voulait son « indépendance ». Contrairement à Bayrou, il ne reproche à personne la perte de ses voix !
Du coté national, faisons le bilan de Bayrou.
Lorsqu’il est devenu président de l’UDF, ce parti comportait 118 députés. Il en reste... 3 !
Au niveau du groupe sénatorial, la moitié a été perdue...
Sur le terrain, il n’y a quasiment plus de maires et d’élus Modem... Présents dans 37 villes de plus de 30.000 habitants pour le second tour, les résultats sont pitoyables : Un seul élus à Paris (Marielle de Sarnez au Conseil de Paris), aucun à Strasbourg ou à Lyon...
Elle a (heureusement) obtenu 7 villes de 30.000 à 100.000 habitants. Par exemple, Geneviève DARRIEUSSECQ (52,88% contre 47,12% pour la liste d’union de la gauche de Philippe LABEYRIE) à Mont-de-Marsan, mais aussi Saint-Brieuc ou Talence.
Ce parti se retrouve avec quasiment plus d’élus... Seul son score aux dernières présidentielles continue à le faire exister.
Espérons pour eux que les lignes politiques deviennent plus claires pour les électeurs sous peine de disparaître... ou de subir une « OPA » !
En effet, le président du Nouveau Centre (NC), Hervé Morin, appelle les "déçus" du MoDem à rejoindre son parti...
Pour finir, citons Pierre Moscovici, député PS : « Il prétend être président de la République et il n’est même pas capable de se faire élire maire face à une candidate peu charismatique »...
La participation est la clé de la compréhension de ces Municipales.
Au premier tour, le taux d’abstention était plus important qu’en 2001, il a atteint 33,5%.
Pour ce second tour, le taux de participation, dans les villes de plus de 3.500 habitants, s’élève à 61,66% contre 62,18% en 2001. Le taux d’abstention a été le plus fort depuis 1959 !
C’est une des clés de « l’échec de la droite ». Car en fait, il n’y a pas eu un vote sanction (ou peu), mais plutôt une abstention en signe d’impatience...
Mais cette abstention au second tour est également un échec pour la gauche qui voulait mobiliser davantage…
Ce taux d’abstention élevé prouve enfin que les français n’ont pas compris les changements que la république a opérés avec la décentralisation au profit des régions, des départements et des villes... :(
D’ailleurs, un sondage Ipsos montre que 39% des Français pensent que le rythme des réformes devrait s'accélérer quand 27% qui estiment qu'il devrait ralentir.
Par contre, selon un sondage CSA-Dexia, 58% des français estiment que le président de la République doit «s'efforcer d'adopter un style plus présidentiel» contre 33% jugeant qu'il doit «rester lui-même dans sa manière de communiquer».
Ce deuxième tour concernait 898 villes (ou secteurs à Paris, Lyon et Marseille) de plus de 3.500 habitants, soit environ le tiers des villes de cette catégorie.
Elle concernait 125 communes de plus de 30.000 habitants (Hors Paris-Lyon-Marseille) et 283 villes de 9.000 à 30.000 habitants.
Il y avait 2 communes avec 5 listes (Lens et Carrières-sur-Seine dans les Yvelines) et deux des listes uniques, Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) et Fosses (Val d'Oise).
423 villes de plus de 3.500 habitants ont eut des triangulaires.
Dans les communes de moins de 3.500 habitants, 388.055 sièges de conseillers municipaux sur 435.718 ont été pourvus au premier tour, soit 89,1% !
77 villes de plus de 30.000 habitants sont restées à gauche au premier tour, 59 à droite et 3 au MoDem. 9 ont basculé de droite à gauche et 2 de gauche à droite.
Au final, le rapport de forces national est :
- Pour la gauche (PS, PCF, MRC, PRG, DVG, Verts) : 48,92%
- Pour la droite (UMP, NC, DVD) : 47,47%
- Pour le MoDem : 2,08%
- Pour l'extrême-droite : 0,33%
- Pour l'extrême-gauche : 0,20%.
- Les autres : 0,98%
La gauche était minoritaire dans les villes depuis 2001 (la droite dirigeait 223 villes de plus de 20.000 habitants contre 178 pour la gauche), elle est revenu en force au cours de ces municipales.
Dans les villes de plus de 200.000 habitants, elle a conquis 2 villes, Toulouse (Pierre Cohen obtient 50,42% contre 49,58% pour Jean-Luc Moudenc) et Strasbourg (Roland Ries obtient 58,33% des voix contre 41,67% pour Fabienne Keller).
Marseille, Bordeaux et Nice manque toutefois à son tableau…
Dans les villes de 100.000 à 200.000 habitants, le PS en obtient 8, Amiens, Caen, Reims, Rouen, Saint-Denis de la Réunion et Saint-Étienne.
Résultat, la gauche dirige 25 (contre 10 pour la droite…) villes de plus de 100.000 habitants.
Dans les villes entre 30.000 à 100.000 habitants, la gauche a gagné 27 villes et en a conservé 105. La droite en a conservé 78 et gagné 4 (6 villes de plus de 20.000 habitants : Agen, Calais, Gap, Mont-de-Marsan, Châtellerault et Saumur)… Le modem a lui conservé 7 municipalités de plus de 20.000 habitants…
La gauche prend la direction de 7 villes de plus de 200.000 habitants sur 10...
Dans les 26 villes comprises entre 100.000 habitants et 200.000 habitants, la gauche en dirigera 16...
Dans les villes de plus de 30 000 habitants, en dehors de l'Ile-de-France, la gauche aura 56 villes (39 avant) contre 39 (57 avant) pour la droite et les 7 villes du Modem.
Ce résultat local contraste avec les échecs de la gauche lors des trois dernières présidentielles (1995, 2002 et 2007) ainsi que les deux dernières législatives…
Du coté des verts, leur alliance avec le PS va leur permettre de compter plus d’élus que pour la mandature précédente ! Enfin pas à Paris ou ils n’obtiennent que 9 conseillers contre 23 en 2001.
De plus, ils ont remportés Montreuil avec 54,19% des suffrages, dirigés depuis 24 ans par Jean-Pierre Brard (PCF), avec Dominique Voynet en tête de liste.
Du coté du PCF, il obtient 89 mairies dans des villes de plus de 9.000 habitants (contre 86 dans la mandature précédente)… Mais ils perdent Calais, Aubervilliers et Montreuil…
De plus, le département de Seine-Saint-Denis est maintenant dans le
giron du PS…
Personnalités :
Parmi les membres du gouvernement.
Ont été battus :
- Xavier Darcos (Périgueux pour 114 voix...)
- Christine Lagarde (Paris XIIe, 2ème sur la liste de Jean-Marie CAVADA)
- Christine Albanel (Paris Ive, sur la liste de Vincent Roger)
- Rama Yade (Colombes, 3ème sur la liste de Nicole Goueta)
Ont emporté l'élection :
- Rachida Dati (Paris VIIe - 57, 69% des suffrages)
- Jean-Marie Bockel (Mulhouse, par 168 voix...)
- Nathalie Kosciusko-Morizet (Longjumeau, par 39 voix...)
- Christian Estrosi (Nice – vient de démissionner de son poste de secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer)
Tous les résultats :
Municipales : http://www.20minutes.fr/municipales/resultats/regions.php
Cantonales : http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-987706,54-1016494,0.html
Les deux : http://elections.leparisien.fr/elections-municipales-2008/resultats-municipales-cantonales-2008/
Source : Forbes - http://www.forbes.com/billionaires & http://www.forbes.com/lists/2008/10/billionaires08_The-Worlds-Billionaires_Rank.html
Les verts ont obtenus 6,78% des suffrages.





