Quand Reporter sans frontières voudrait protéger les complices qui filment des agressions
La loi de prévention de la délinquance a été amendée pour punir un phénomène récent, le «happy slapping» (Agression d’une personne, souvent dans la rue, choisi au hasard, tout en filmant la scène…). L’Art. 222-33-3 ne prévoit pas le même traitement suivant les vidéastes. «Lorsque l'enregistrement ou la diffusion résulte de l'exercice normal d'une profession ayant pour objet d'informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice», aucune sanction n’est prévue. Les journalistes peuvent donc filmer une agression. Mais aussi toute personne qui ne voudrait pas recevoir elle aussi des coups, mais qui veut au moins faire arrêter ces agresseurs.
Reporters sans frontières s’alarme : «les internautes sont parfois les "capteurs" d’un évènement, grâce notamment aux téléphones portables capables d’enregistrer des images et des vidéos, et ils peuvent diffuser leurs propres contenus sur le Net. (…) En Egypte, par exemple, des blogueurs ont récemment révélé une série de scandales impliquant les services de sécurité et démontré, au moyen de vidéos tournées clandestinement dans des centres de détention, que la torture était encore régulièrement pratiquée dans ce pays. Dans le domaine des droits de l’homme, ce sont eux, et non des journalistes professionnels, qui ont été à l’origine des informations les plus fiables et les plus dérangeantes pour le gouvernement». Ce qui est vrai. Mais le problème est que Reporters sans frontières rajoute que filmer des agressions, même quand on n’est pas journaliste, ne doit pas être «criminalisé dans un pays démocratique»… Conclusion : RSF veut que l’on ait le droit de filmer une agression (un viol ? un meurtre ?) de la diffuser (la vendre ?) sans la donner à la police, pour qu’elle puisse arrêter les personnes coupables, pour que la justice fasse sont travail ! RSF préfère donc défendre une liberté malsaine, filmer un délit voir un crime, plutôt que de défendre une victime !
D’ailleurs, un phénomène est en pleine expansion, le «gonzo». Une pornographie où des femmes se font violenter (souvent non consenti). Il n’y a pas d’interdiction pour ce genre de vidéo. Cependant, certains «happy slapping» deviennent de plus en plus violent. Il y a eu un mort en Angleterre à cause de la bêtise de jeunes, maintenant, leurs victimes sont des filles, de préférences jolies, pour les amocher physiquement. Et quand on voit que dans les cités cela amuse même les jeunes femmes de voir une vidéo d’une femme se prendre une bonne claque par un homme (Src : Capital), on peut se demander ce qu’ils pensent de ce genre d’agressions. On peut se demander ce qu’ils pensent des violences conjugales, etc. Ne pas aider les victimes et faire condamner les coupables et les personnes qui savent qui c’est mais ne les dénoncent pas favorisera ce phénomène. RSF par sa prise de position joue un jeu dangereux. Elle favorise la protection des coupables au détriment de ce qu’ont déjà subi les victimes !