Violences conjugales

Publié le par Geoffroy, Bloggeur UMP

Stéphane Pocrain, 35 ans, ancien porte-parole des Verts (actuellement chroniqueur pour plusieurs émissions de télévision), a été condamné pour avoir frappé sa concubine.
 
Rappel des faits.
Le 16 septembre dernier, la jeune femme (une institutrice, candidate PS aux élections municipales dans le XXe arrondissement de Paris) se dispute avec son concubin (le couple envisageait de se séparer). Stéphane Pocrain s’emporte. Il cause de multiples hématomes aux bras et aux cuisses de sa femme au point qu’elle obtiendra une incapacité totale de travail de 7 jours.
Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris de deux mois de prison avec sursis.
Il devra également verser 3.000 euros de dommages et intérêts à son ex-compagne.
Notons que le couple a une fille de dix mois.
 
Cette histoire prouve que la violence conjugale est présente partout. Elle ne concerne pas des français sans culture (L’alcool est présent dans 25% des cas), mais toutes les couches sociales.
Stéphane Pocrain a été le porte-parole des Verts, mais également un membre fondateur du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN)…
 
Stéphane Pocrain avait annoncé en mai 2006 sa candidature à la présidence de la République… Il s’était finalement retirer huit mois plus tard au profit de la candidature de Ségolène Royal. Un possible président qui bat sa femme, et qui ne peut être inquiété juridiquement ? C’est pire qu’un possible président en prison (http://geoffroybloggeurump.over-blog.net/article-15303943.html) ! :(
 
 
 
Bien que j’avais fait un article en juillet 2007 sur ce sujet (http://geoffroybloggeurump.over-blog.net/article-11568617.html), je pense que la situation est suffisamment importante pour en profiter pour refaire un point.
 
Le 14 mars 2007, le 3919 a été mis en place (du lundi au samedi de 08H00 à 22H00, et de 10H00 à 20H00 les jours fériés). Ce numéro national est destiné aux femmes victimes de violences conjugales et est gérée par la fédération nationale solidarité femmes (FNSF). Il y a entre 11 à 23 écoutantes (parlant français, anglais, arabe, espagnol) formées et spécialisées dans l'accueil et l'écoute des femmes victimes de violences conjugales.
 
 
En 2006, 137 femmes (31 hommes - Sur les 18 homicides commis par des femmes, 12 sont le fruit de violences dont elles ont été victimes de la part de leur compagnon…) sont décédées en France sous les coups de leurs conjoints.
Cela représente une femme tous les trois jours…
Mais il ne faut pas oublier les 11 enfants victimes de violences mortelles…
En incluant les suicides des auteurs et les homicides de tiers, on arrive à 228 décès !
 
Chaque année, environ un million et demi de femmes sont victimes de violences verbale, physique et/ou sexuelle !
Une femme est violée toutes les deux heures…
En Espagne, entre 2001 et 2004, les dénonciations pour mauvais traitements ont atteint le chiffre de 50 088…
 
Coté protection de ces femmes (et enfants) battues, rappelons la condamnation (trois mois de prison avec sursis et 800 euros de dommages intérêts) de cette mère qui s’était réfugiée avec ses enfants auprès de l’association Sedire après avoir été battu par son mari (elle avait du être hospitalisée).
 
Rappelons que coté loi, l'âge légal du mariage pour les filles est de 18 ans (pour lutter contre les mariages forcés).
De plus, la répression est la même pour les concubins, pacsés et anciens conjoints. En 2006, seul le conjoint avait une "circonstance aggravante". Et avant 1992, les violences commises par le conjoint n'étaient même pas spécifiquement reconnues dans le code pénal !!!
En cas de meurtre (ou de viol), la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité.
 
 
Parlons du coût des violences conjugales : 1 milliard d'euros par an !
Cela comprend les coûts en matière de santé (383 millions d'euros), les coûts pour la police et la justice (232 millions d'euros), les coûts en matière de logement et prestations sociales (89 millions d'euros), le coût du champ social et médico-social du handicap (.5 millions d'euros), le coûts humains (305 millions d'euros), le coût de la perte de production domestique (ITT, décès, etc. - 83 millions d'euros)
 
 
Notons que les femmes victimes sont prioritaires dans l’attribution des logements financés par l’allocation de logement temporaire (ALT - 19500 logements
budgétés en 2007).
Coté emploi, les personnes obligées de démissionner de leur emploi suite à des violences conjugales ont droit à des indemnités chômage.
Enfin, rappelons que l’éloignement du conjoint violent est rendu possible dans le cadre du contrôle judiciaire.
 
Pour finir, parlons d’une décision. Celle du roi Abdallah (Arabie saoudite).
Il y a quelques mois, il a gracié une Saoudienne victime d'un viol collectif…
La femme en Arabie saoudite a beaucoup d'interdits (elle est soumis aux principes du wahhabisme - une interprétation rigide de l'islam). Au nom de la charia (loi islamique), il faut une séparation totale des sexes… Une femme se trouvant en compagnie d'un homme n'appartenant pas à sa famille très proche est ainsi dans une situation illégale appelée "khalwa".
La victime avait été enlevée par sept hommes alors qu'elle se trouvait en compagnie d'un homme n'appartenant pas à sa famille. Les agresseurs les avaient ensuite violé tous les deux…
Le tribunal a condamné (le viol est passible de la peine de mort) les assaillants à des peines de prison de un à cinq ans, en plus d'un nombre de coups de fouet compris entre 80 et 1.000. Puis a alourdi les peines des agresseurs, à entre deux et neuf ans de prison.
Sauf que le tribunal avait également condamné les deux victimes à 90 coups de fouet pour le délit de "khalwa" avant de porter la condamnation de la jeune femme à six mois de prison et 200 coups de fouet !
 
Cette affaire montre que s’il y a du travail en France pour l’égalité homme femme, la tache sera encore plus dure pour la faire respecter dans le monde !
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Publié dans Société

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