Présidentielle: Le coût!
Pour lancer sa campagne, tous les candidats ont déjà lancé leurs compteurs financiers. En effet, ils doivent tenir leurs comptes de campagne depuis avril. Plusieurs questions se posent sur qui paye ? Quoi ? …
Leur première ressource est leur parti. Ils sont les principales ressources du financement des campagnes de leur candidat. Normal… La loi précise que seuls les partis politiques qui sont des personnes morales, sont autorisés à verser de l'argent aux candidats. Entreprises, associations, fondations, syndicats, etc. n'ont pas ce droit. Les partis peuvent payer directement certaines dépenses du candidat qu'ils soutiennent (transport, hébergement, location de salles pour les meetings, etc.), apporter un soutien logistique ou des aides en nature (personnels permanents, etc.). Mais ils peuvent aussi jouer le rôle d'intermédiaires financiers ou commerciaux en facturant au candidat des biens qu'il peut acquérir à des tarifs préférentiels auprès de ses fournisseurs. Il peut aussi consentir à des avances de trésorerie ou à des prêts.
Source : L’internaute
Une autre source de fonds est les donateurs. La loi indique que tous les dons de personnes physiques, quelles que soient leurs nationalités, sont autorisés. Le montant des dons ne peut excéder 4 600 euros par personne physique et pour toute l'élection présidentielle. Le montant global des dons en espèces ne peut excéder 20 % des dépenses autorisées. Au-delà de 150 euros, les dons doivent être faits par chèque, virement ou prélèvement. A savoir, les donateurs peuvent contourner les plafonds en effectuant un autre don au parti politique qui soutient le candidat (leur montant est plafonné à 7 500 euros). Ce don est alors reversé dans les caisses du candidat sans figurer dans les comptes de campagne. Cependant, les dons restent une partie négligeable du financement de la campagne présidentielle (8 % des ressources totales en 2002).
Les candidats peuvent aussi compter sur des ressources annexes. Ils peuvent recourir à des opérations commerciales. Par exemple, la vente d'objets assurant la promotion du candidat (livres, produits dérivés, etc.). Cependant, cela est peu rémunérateur…
Enfin, l’Etat (et implicitement le contribuable…). Il prend en charge une grande part des dépenses des candidats. Par souci d'équité et de pluralité démocratique, l'Etat finance entièrement les dépenses de campagne officielle radiotélévisée, les frais de diffusion et d'acheminement des déclarations et des bulletins de vote des candidats, les frais d'apposition de leurs affiches électorales, les frais d'impression des bulletins de vote...
Mais il finance aussi les campagnes à travers le financement des partis politiques. En effet, il leur verse chaque année une dotation en fonction du nombre de leurs représentants au Parlement. Chaque parti reçoit environ 1,5 euro par voix obtenue et 45 000 euros par siège de député. Depuis 2002, l'UMP reçoit ainsi quelque 32 millions d'euros par an et le PS environ 19 millions d'euros…
De plus, l'Etat verse une avance forfaitaire de 153 000 euros à chaque candidat ayant obtenu 500 parrainages, au moment de la publication de la liste officielle des candidats.
Enfin, l'Etat rembourse également 50 % des dépenses retracées dans les comptes de campagne des candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. Pour les autres, ils se contenteront d’1/20ème. Bien sur, dans la limite du plafond des dépenses (paragraphe suivant…) soit quand même jusqu'à 7 millions d'euros pour les candidats du premier tour et 10 millions pour ceux du second tour ! Conclusion pour nos impôts, moins il y de candidats, moins on paye. Moins il y a de personnes ayant plus de 5%, moins on paye également.
Heureusement, une commission est chargée d'examiner les comptes de campagne et de fixer le montant du remboursement forfaitaire. La difficulté qu’a cette commission est la détermination du montant exact des dépenses entrant dans le cadre de la campagne présidentielle...
Au niveau de ces dépenses, la loi impose que les dépenses engagées dans un autre but que l’obtention des suffrages ne doit pas figurer au compte de campagne et ne doit donc pas être financé par l’état. Cette distinction est assez délicate à effectuer, ainsi, un meeting ouvert à tous et non aux seuls militants sera comptabilisé, tandis qu'une université d'été ne le sera pas. Seuls les frais de maquillage et d'habillement engagés pour la photo officielle du candidat sont comptabilisés.
Une autre difficulté est de distinguer les dépenses liées aux avantages de certains. Nicolas Sarkozy en tant que premier ministre, Ségolène en tant que présidente de région, etc. ont des avantages dûs à leur poste. La distinction est alors encore plus mince…
Toute propagande électorale à l'étranger, toute émission publicitaire à caractère politique à la radio et à la télé sont interdits.
Afin d'éviter une publicité excessive des candidats, des plafonds de dépenses ont été définis. En 2004, ces plafonds s'élevaient à 15,5 millions d'euros pour le premier tour et à 20,7 millions d'euros pour le second. Ils seront actualisés à nouveau par décret en février 2007. En 2002, les dépenses totales des candidats ont atteint 81,6 millions d'euros, dont 18 millions pour Jacques Chirac, 12,5 millions pour Lionel Jospin, 11,65 millions pour Jean-Marie Le Pen. Les candidats n'ont pas dépassé les plafonds légaux mais certains ont eu tendance à "gonfler" leurs dépenses (pour augmenter leurs remboursements), en comptabilisant par exemple des frais de déplacement sans lien avec la campagne électorale. Le Conseil Constitutionnel a ainsi celui de Jacques Chirac, de Jean-Pierre Chevènement, de Noël Mamère et de Jean-Marie Le Pen.
A titre informatif, on est loin des budgets des campagnes présidentielles américaines. Ainsi, en 2004, le comité Bush-Cheney a recueilli 269,6 millions de dollars, et le sénateur John Kerry a mobilisé plus de 234,6 millions de dollars. Une nouvelle législation venait de passer interdisant les dons des entreprises et des syndicats aux partis politiques et élevant le plafond des dons de particuliers de 1 000 à 2 000 dollars. Après leur investiture par leur parti, les deux candidats ont reçu 74,6 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral. En échange, ils s'engageaient à ne pas percevoir ni dépenser d'argent privé jusqu'à l'élection. Bush disposait donc de 344,2 millions et Kerry 309,2 millions. Sachant qu’ils sont cinq fois plus nombreux, finalement leur budget est juste au dessus du plafond français. Mais si un jour on devra élire un président européen, les sommes engagées dans la campagne seront de cet ordre…
Quasiment tous les candidats ont plusieurs types de ressource.