Le plan Alerte Enlèvement : Une réussite !

Publié le par Geoffroy

Le plan Alerte Enlèvement consiste à lancer dans les médias audiovisuels (radio, télévision), les agences de presse et sur les panneaux des gares et des autoroutes une alerte massive (diffusion à intervalles réguliers) à la recherche d'un enfant enlevé et de son ravisseur présumé. Il est prévu de déclencher ce dispositif uniquement en cas d'enlèvement criminel. En effet, son usage est très codifié et ne concerne que des mineurs kidnappés courant un danger physique. L'opération doit être déclenchée le plus tôt possible après l'enlèvement car les enquêteurs ont constaté que les premières 24 heures sont cruciales pour la survie de l'enfant.
Il est largement inspiré du plan «Amber», créé au Texas en 1996 après l'enlèvement et l'assassinat d’Amber Hagerman. Ce plan existe aux Etats-Unis et au Canada. Cela prouve, comme l’a dit Nicolas Sarkozy, que l’on peut récupérer des idées américaines, les adapter pour la France et en récupérer tout les biensfaits !
Aux Etats-Unis, il a permis de retrouver plus de 240 enfants vivants ! En Europe, le Royaume-Uni participe à des essais régionaux.
En France, ce dispositif a été testé avec succès lors de l'enlèvement de la petite Aurélia en novembre 2005 dans le Maine-et-Loire.

Adopté en février 2006, le plan Alerte Enlèvement a été déclenché pour la première fois en France le 9 juillet 2006 après la disparition de deux sœurs de 8 et 10 ans dans le Maine-et-Loire. Heureusement, mais malheureusement pour la crédibilité du plan, cette affaire s'était révélée être une fausse alerte, quelques heures après leur disparition, les deux fillettes ayant regagné leur domicile.

Il y a peu, le plan a été déclenché deux fois en moins de 48h. Pour deux séries d’enlèvements.
Une sirène métallique suivie d'une annonce grave : «Un enfant a été enlevé...»

Il parlait de Christophe et Lucie Barella qui ont, heureusement, été retrouvés sains et saufs, moins de 24 heures après l'annonce de leur disparition par leurs parents. Leur signalement, ainsi que celui de leur supposé ravisseur, ont été très largement diffusés permettant rapidement de les localiser et de les libérer. L'enquête doit déterminer s'il s'agit d'une fugue ou d'un rapt par l'homme de 27 ans qui se trouvait avec eux depuis leur disparition.
A 16 heures, le père des deux enfants a constaté leur absence en s'éveillant de sa sieste. Il alerte la police qui, peu après 17 heures, a déployé une centaine d'hommes sur le terrain. Le voisinage est alors interrogé, les environs fouillées… Les policiers acquièrent la conviction que les deux enfants se trouvent avec Ludovic B., un homme de 27 qui présente un léger handicap mental. L'absence d'indices susceptibles de permettre la localisation des deux enfants ainsi que le profil du ravisseur présumé ont convaincu le procureur adjoint de Versailles de déclencher le dispositif Alerte enlèvement. La fin se joue dans un centre commercial où Ludovic retire de l'argent avec sa carte bancaire… Au même moment, un automobiliste a donné l'alerte en téléphonant à la police.

Le lendemain, un nourrisson de 18 jours a été enlevé à l'hôpital de Montfermeil. Cet enfant lui avait été confié par la mère quelques instants auparavant… La jeune kidnappeuse, Linda, a été retrouvée 24 heures plus tard. Elle a été interpellée à la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne) avec le nouveau-né après avoir sillonné Paris et sa banlieue. La jeune fille avait alors affirmé avoir 18 ans. Après 24 heures de garde à vue, elle avait déclaré être âgée de 16 ans. En réalité, la jeune ravisseuse du bébé a 12 ans ! Elle a pu être identifiée grâce au témoignage de sa mère qui s’est présentée à la police (Src : AFP) La ravisseuse présumée est une SDF qui était hébergée par la famille du petit Bilel.
Elle aura été aperçue par plusieurs témoins et filmée par les caméras de vidéosurveillance de la RATP. La photo de Linda prise dans un bus a été vue par tous...
L'instance judiciaire a ouvert une information «pour enlèvement et séquestration d'un mineur de 15 ans» en vue de sa mise en examen et de son placement dans une structure adaptée.

Au Canada, Amber peut être déclenché dès qu'il y a de sérieuses raisons de craindre pour la vie de l'enfant. Je pense qu’il faudrait faire de même en France. Car même une simple fugue peut se transformer en enlèvement après coup ! En même temps, un magistrat a un parfait contre exemple : « L'enfant avait été enlevé. On avait l'immatriculation de l'auto. Mais c'était la mafia russe. Alerter les médias risquait de faire peser un risque additionnel sur l'enfant». Les auteurs du rapt ont été arrêtés huit heures après en Suède, et l'enfant sauvée. Cependant, je pense qu’étendre la possibilité de déclencher ce plan ne peut être qu’une bonne chose lorsqu’il est dans les mains de personnes compétentes qui l’utiliseront uniquement quand il le faudra.

Le gouvernement envisage de perfectionner le dispositif "Alerte Enlèvement" en associant les sites internet des grands médias et les aéroports. D'autres améliorations possibles consisteraient à "étendre le dispositif aux pays frontaliers". Le gouvernement va également réfléchir sur des questions de forme. Elle va en effet se poser des questions du type : est-ce que les messages étaient trop courts, trop longs? Est-ce qu'à la télévision le message ne devrait pas être lu par un journaliste plutôt que défiler à l'écran...

P.S. : On a recensé près de 34 500 disparitions en 2000 en France… 33 700 ont été retrouvés. Conclusion : 800 mineurs ne sont pas retrouvés chaque année ! Certes, certains sont encore dans la rue ou se sont installé ailleurs, mais une bonne partie a été déportée par des réseaux… :( (Src : L’Humanité)

P.P.S. : Un lien utile : http://apev.org/index.php?op=edito

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Publié dans Société

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