Blocage des universités
La loi sur l’autonomie des universités a été votée le 26 juillet (pendant les vacances universitaires…), après négociation avec les organisations étudiantes, dont l'Unef (qui ne veut pas l’abrogation de la loi…).
Le mouvement d’opposition se développe fin octobre… N’y a-t-il pas de détournement politique, ou plutôt syndicaliste ?
La réponse est clairement oui, surtout quand on entend que des étudiants ont décidé de participer aux manifs de cheminots ainsi qu’à la journée d'action des fonctionnaires, le 20 novembre…
Certains diront que la rentrée s’échelonne de début septembre jusqu’à mi-octobre et qu’il a donc fallu attendre… Mais vu le nombre d’étudiants sur le terrain (cf. ci dessous), la rentrée n’a pas changée grand-chose… Sinon confirmé que c’est la volonté d’une minorité !
Pour les étudiants grévistes, la réforme de l’université, s’est le démantèlement du service public de l'enseignement, une mise en concurrence des universités et une augmentation du poids des entreprises et du privé dans l'enseignement supérieur.
François Fillon, a rappelé que la loi LRU ne conduisait en aucun cas à la privatisation des universités, en aucun cas à l'augmentation des droits d'inscription, en aucun cas à la sélection en première année. De plus, la sélection est interdite à l'entrée à l'université. Et c’est le baccalauréat qui donne accès à l'université… C’est d’ailleurs cela qui fait redoubler plus de 40% des étudiants en première année…
Concernant les frais d'inscription, ils sont fixés par le ministère : 165 euros pour la licence et 215 euros pour le master…
La réforme de l’université, c’est :
- une plus grande souplesse pour la composition des conseils d'administration: le nombre de leurs membres pourra varier de 20 à 30 et comptera 7 ou 8 personnalités extérieures (2 ou 3 représentants des collectivités territoriales, dont un du conseil régional, et au moins un chef d’entreprise ou cadre dirigeant d’entreprise – ce qui est déjà pratiqué dans certaine université).
- le renforcement du pouvoir des présidents d’université qui a un droit de veto sur les recrutements et qui a la possibilité de recruter des contractuels sur tous les postes,
- la possibilité d'un mécénat pour financer l'enseignement supérieur,
- la création d’un vice-président étudiant, qui sera élu par le Cevu (conseil des études et de la vie universitaire) et chargé des questions de vie étudiante en lien avec les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous).
- l’autonomie des universités dans un délai de cinq ans (cela permettra de recruter plus rapidement des professeurs et des contractuels ou de pouvoir être propriétaires - et donc de gérer - leurs biens mobiliers et immobiliers pour en tirer des ressources)
- le renforcement du pouvoir des présidents d’université qui a un droit de veto sur les recrutements et qui a la possibilité de recruter des contractuels sur tous les postes,
- la possibilité d'un mécénat pour financer l'enseignement supérieur,
- la création d’un vice-président étudiant, qui sera élu par le Cevu (conseil des études et de la vie universitaire) et chargé des questions de vie étudiante en lien avec les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous).
- l’autonomie des universités dans un délai de cinq ans (cela permettra de recruter plus rapidement des professeurs et des contractuels ou de pouvoir être propriétaires - et donc de gérer - leurs biens mobiliers et immobiliers pour en tirer des ressources)
- mais c’est aussi un effort financier de l’état d’un milliard d’euros et de cinq à neuf milliards d’euros supplémentaires d’ici 2007 à 2012.
Les étudiants ne veulent pas se mettre en danger (en cas de blessé, ce sera la faute de la police et de Sarkozy), et ne veulent surtout pas nuire aux français ?
Des centaines d'étudiants ont envahi des voies ferrées, jeudi, et vendredi dernier.
Ainsi, la gare de Rennes a été occupée, obligeant la SNCF à interrompre totalement le trafic ferroviaire…
A Paris, les voies internationales (Eurostar, Thalys, TGV) ainsi que deux lignes transiliennes à la gare du Nord étaient bloquées. La SNCF a coupé le courant de 19h25 à 20h33…
Les étudiants bloqueurs sont-ils pour la démocratie ?
De nombreuses universités sont bloquées.
Certaines par une majorité d’étudiants… Enfin…
Dans l'université Lille III, 1.631 étudiants ont voté pour le blocage contre 1.037 contre sur 19.000 étudiants (le pourcentage de participation ferait peur nos politiciens !)
A Brest, 500 étudiants ont votés le blocage à main levé… A Lyon II, ce sont 200 étudiants. A Tours, ils étaient 550, sur 23000 étudiants…
A Nanterre, ce sont 600 à 800 étudiants qui ont décidé de bloqués la fac au nom de 34.000 étudiants ! Olivier Audéoud, président de l'université de Nanterre, a même noté qu'un tiers des étudiants présents à l'AG n'étaient pas de son université !
A Rennes-II, la situation est complètement anti-démocratique.
Ainsi, un vote a bulletin secret qui a rassemblé 3.290 personnes (sur les 18.000 étudiants) a voté la fin du blocage (61.82% des votants contre le blocage, 36.9% pour – vote reconnu par l’Unef).
Pendant ce temps, Une AG a à la fois voté contre l'annulation du vote à bulletins secrets, pour le blocage de l'université les jours de mobilisation et pour une occupation jusqu'à l'abrogation de la loi si le vote à bulletins secrets est favorable au blocage…
En d’autre terme, si le vote à bulletins secrets était défavorable, ils bloquent quand même la fac… Le syndicat Sud-Etudiants a même précisé : "Le comité de grève n'accorde aucune espèce de légitimité au vote à bulletin secret. Nous considérons ce vote comme une tentative déguisée de briser le mouvement sous couvert de 'démocratie'".
Dans la nuit de mercredi à jeudi, la police a délogé une cinquantaine d'étudiants (et de squatteurs), à la demande du président de l'université. Ils tous été relâchés après vérifications des identités.
A la Sorbonne, 130 étudiants (occupant l’amphithéâtre Richelieu et une partie du deuxième étage) ont été évacués jeudi soir par la police, sur réquisition du recteur de Paris.
A Nantes, 150 étudiants (occupant les facultés des Sciences et de Lettres et Sciences humaines) ont été évacués jeudi soir et l’université a décidé la fermeture administrative des locaux.
A Strasbourg, 15 étudiants (bloquant un amphithéâtre) ont été évacués jeudi soir sur réquisition du rectorat. Selon l’AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), il s’agissait d’un petit groupe d’étudiants anarchistes ou d’extrême gauche qui avait commencé à empiler des chaises et des tables pour bloquer l’amphi. Malgré 70% de votes contre tout blocage…
A Montpellier, quelques étudiants (occupant les amphis de Lettres) ont été évacués. L'université est fermée.
Les tags et dégradations sont nombreux… Qui va encore payer ???
Les étudiants bloqueurs respectent-ils les autres étudiants ?
Protégés par des CRS, une trentaine d'étudiants non bloqueurs sont entrés dans un bâtiment universitaire où se trouvaient des professeurs. Réactions des étudiants grévistes ? Ils leurs ont alors lancé de la terre…
Normal après que quand les forces de l’ordre sont présentes, des charges ont lieu avec l’utilisation de gaz lacrymogènes…
Mais quand les forces de l’ordre ne sont pas là, les intimidations et les menaces sont importantes envers ceux qui veulent travailler…
A Rennes, mardi, des étudiants radicaux ont empêché la reprise des cours.
Jean-Emile Gombert, vice-président de Rennes II : "Au moment d'ouvrir les portes, une centaine d'individus armés de barres de fer et de barres de bois se sont interposés et nous avons décidé de laisser l'université fermée par mesure de sécurité".
Les étudiants bloqueurs sont-ils pour la liberté ?
Prenons la liberté de la presse…
D’après les journalistes, ils ne comptent plus leur récepteur de micro sans fil arraché, les bombes de peinture pointée vers leur appareil photo, etc.
Serge Lenauld, journaliste reporter d'images à France 3 Ouest a déclaré : « Samedi à Rennes, un groupe a dessiné au sol des barbelés pour délimiter une zone réservée aux journalistes. Ensuite, ils nous ont empêchés d'aller aux AG. Comment vérifier qu'ils étaient 80 comme ils le disaient ? On ne peut plus bosser. »
Création d’une coordination étudiante…
Trente-huit universités représentées, plus de cent personnes mandatées...
Premier travail, définir les modalités de fonctionnement de la coordination.
Ainsi, le principe «Une université égale une voix» n’est pas accepté. Pour plus d’égalité entre les étudiants, ils ont décidé que le mode de vote serait fixé à cinq voix par université bloquée et trois pour les autres…
La revendication de cette coordination : l'abrogation sans condition de cette loi.
Toujours dans les revendications étudiantes, le besoin d’un cadrage national des diplômes, ainsi que la suppression des frais d'inscription.
Mais également, contre la loi Hortefeux et pour la légalisation des sans-papiers… Non, pas de politisation du mouvement ! Mdr…
Egalement, un rejet également de la réforme des services publics et le retour à 37 années et demie de cotisation pour tous les salariés… Ils veulent également la suppression des franchises médicales.
Et pour la démocratie, ils ont bien sur voté le refus des votes à bulletin secret (« considérés comme nuisibles au mouvement»)…
Il y avait également l’appel au blocage de toutes les gares, le mardi 13. Certes, ils ont changé d’avis entre temps… Mais si ce n’est pas là un mouvement politisé dont la seule volonté est de nuire au français… Qu’est-ce donc ???
Le meilleur, une déclaration d’un syndicaliste étudiant :
« On est solidaire des mobilisations actuelles pour l'avenir des régimes spéciaux de retraite. On soutient les revendications des salariés et on appelle les étudiants à manifester à leurs côtés. Car l'étudiant d'aujourd'hui sera le retraité de demain. »
Oui, pour les syndicalistes étudiants, un seul objectif faire de tous les étudiants en facultés des fonctionnaires… A moins que ce soit une déclaration purement politique, puisque les trois quarts des étudiants veulent devenir fonctionnaire…
Les résultats de cette grève ?
Pour l’instant, hormis de nombreux désagrément, autant pour les étudiants que pour les français, ce sont 11 millions d'euros du budget 2008 qui va être réaffecté de la rénovation de Jussieu à celle des logements étudiants.
Cependant, ou les syndicats ont raisons, c’est le manque de moyen (environ 6 700 euros par étudiant et par an, 2 fois moins que les étudiants de prépas)… Ou du moins une meilleur utilisation de l’argent des universités. La reforme de l’université va permettre au président d’université d’optimiser les budgets.
Il y a des revendications intelligentes dans ce sens. Cependant, tout mélanger ne met pas en avant l’intelligence des étudiants qui veulent le bien des futurs travailleurs français. Au contraire, elle mélange le tout dans l’esprit de l’opinion. Cela est à double tranchant. Ils suivent ce que les grévistes cheminots tentent de faire, au risque de voir rejeter des revendications légitime et populaire…
Actuellement, les grèves des facs n’ont que peu de conséquence… Mais si le mouvement dur, cela aura de grosse conséquence, ainsi les présidents d'universités et Valérie Pécresse ont décidé que les cours ne seront pas aménagés en vue des examens (mi-décembre à mi-janvier).
En effet, La majorité des enseignants-chercheurs sont hostiles au blocage. Ils sont ni grévistes ni solidaires de ce mouvement étudiant.
Manifestation anti-blocage
Un collectif indépendant des Etudiants Contre les Blocages (ECB) vient d’être créé.
Si vous voulez manifester contre les blocages des universités, c’est le :
Dimanche 18 novembre à 14h30 à Paris, Place de la République (Trajet République Nation)
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